Cliquez sur la fleur et
déposez-la sur son coeur
pour qu'il entonne avec nous
la chanson du Poiré.

LA CHANSON DU POIRE
Chanson dont l'origine revient à l'abbé Taburet qui résidait à Avrilly

 

     
 

 

 
Air : "La paimpolaise" de Théodore Botrel
Chant :Abbé Albert GAHERY
Roger LEVERRIER
Accompagnement à la guitare : EMMA MORY
cliquer ici

LE POIRE D'AVRILLY

I

Près d'Avrilly, sur la bruyère
En face des poiriers en fleur
Un gai Normand vidait son verre
En chantant sa blonde liqueur,
Ecoutez-ici
O gens d'Avrilly,
Gens de St Brice et de Collière,
Ce qu'on chantait un beau matin,
Parmi les fleurs et la bruyère,
Sur les flancs du Mont Margantin.

II

J'ai beaucoup voyagé sur terre,
Disait l'chanteur l'air peu contrit,
J'ai caressé maints petits verres,
Mais je n'ai rien vu hors d'ici
Rien vu de si blond
Rien vu de si bon
Rien qui vous flatte et vous allume
Rien en un mot de plus taquin
Que le petit Poiré qui fume
Sur les flancs du Mont Margantin.

III

Voyez, voyez comme il pétille,
Dans l'orbe écumant du cristal,
On dirait que c'est d'l'or qui brille
Il a comme un air triomphal,
Voyez comm' ça bout,
Comm' c'est "drait-en-goût"
Mais prenez garde, ça bat l'enclume
Et rien ne met en bel entrain
Comme le petit Poiré qu'on hume,
Sur les flancs du Mont Margantin.

IV

Oh jus des poires, glouglous superbes
Champagne attitré du normand,

Pour toi je laisse les imberbes
Chanter la pomme au teint d'argent
Et je dis : à nous deux,
Oh boisson des dieux !
Bien sûr, j'en mordrai la poussière
Mais, allez donc bloquer un train
Et faire machine arrière

Sur les flancs du Mont Margantin.

V

Comme aux dernièr' Saint's Quarantaines
Je sais très bien que j'paieraiça
Par d'interminables antiennes,
Et par de gros "mea culpa"
Mais not' cher pasteur,
S'il a deux brins d' coeur
Et du p'tit Poiré dans sa cave
Me dira de son air malin :
"Allons, vieux frère c'est pardonnable
Sur les flancs du Mont Margantin."

VI

Non vraiment, c'n'était pas la peine
D'aller immerger mon souci
Dans la Garonne ou dans la Seine
Lorsque j'avais tout près d'ici
Du poiré comme ci
Du poiré comme ça !
Un mort même sortirait de sa bière
Si on v'nait un beau matin
Le réchauffer d'un petit verre
Sur les flancs du Mont Margantin !

VII

Avec ça j'tiens tête à l'orage
Et je me ris de l'ouragan
Mais parfois j'entends du tapage
Et mon pied s'en va zigzaguant,
N'importe je cours,
"En avant toujours !"
Et si quelqu'un s'payait d'ma poire
Fut-il Saint Ernier mon parrain !
J'lui dirais "n'fais pas tant d'histoires,
Sur les flancs du Mont Margantin !"

VIII

Pendez-vous donc, gens du Bocage
Du pays d'Auge et du Midi
Vous n'avez point le fier breuvage
Que l'on récolte en Avrilly.
On vous le prendrait
Pour du p'tit Poiré !
Vos crus fameux ne sont pas dignes
Et, par bonheur pour son raisin,
Noé n'a pas planté sa vigne
Sur les flancs du Mont Margantin.

IX

Ah ! quand faudra quitter la terre
Comme je prierai l'portier des cieux
De m'en verser un dernier verre
Pour humecter l'coup des adieux !
Et je lui dirai :
"Verse sans regret !"
Car vois-tu la fièvre m'oppresse,
Et rien ne me dit que dans l'Eden
Je trouve un p'tit poiré qui plaise
COMME CELUI DU MONT MARGANTIN.

Abbé Constant TABURET
curé d'Avrilly 1882-1932 (?)

       
[NOUS CONTACTER]